Martin Lord ↓

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Démarche ↓ (English below)↓

La recherche de l’á-peu-près:

Ce qui est tangible en regardant ces oeuvres c‘est le faire manuel. On est en face d‘une construction, d‘un système, imaginaire à la trame énigmatique.

L‘engagement figuratif incarne cette narration qui trace la fine ligne entre une structure évidente et complexe. La démarche compose, ainsi, une oeuvre s‘employant à inventer des assemblage inhérents aux sujets et aux formes. Que ce soit par le dessin, l‘objet sculptural, l‘animation ou l‘installation, chaque élément est engagé dans un plus large processus inter-connectif.

Puisant des influences dans le cinéma, la bande dessinée, l‘histoire de l‘art, le design et l‘architecture, ce travail s‘apparente autant à un dépliage discontinu de faits et de situations, qu‘à un récit opaque. Il est d‘une volonté de créer une imagerie perplexe qui soumet un doute au sens de l‘oeuvre. Ce travail donne la forme et l‘élan d‘un récit, le reste est à combler par le spectateur: le sens de l‘oeuvre naîtra ainsi du travail collectif entre le regardé et le regardant.

On y voit la proposition d‘un autre réel. La lecture de l‘oeuvre prends une nouvelle emapleur grace à sa mise en espace. Traités indistinctement par la même ligne claire, le personnage, la structure, le souple, le solide, le vaporeux, l‘onomatopée, le texte et le mouvement s‘entrecroise sans contexte dans une apparente neutralité surprenante.

Statement ↓ (French above)↑

The search of a nearly:

What is tangible is the apparence DIY. It shows the construction of an imaginary where the meaning is, most of the time, enigmatic. The use of figurative implies a narrative course that follows the fine line between evidence and nonsense. Its a work created by inventing an inherent system from storytellings and the forms. Whether in drawing, sculptur, video or installation, each work is engaged in a broader inter-connective process.

Using influences from movies, comics, art history, design and architecture, the work can be seen as a discontinued unfolding of events and situations, or, again, as a opaque narrative story. His will is to create a puzzled imagery that can leave the viewer in doubt. This work gives the shape and the momentum of a story, but the rest is to be filled by the viewer: the meaning of the work will be fully apprehend as a collective work between what is looked and the one that's looking.

The artist provides, through his work, "another" reality: the object of the images explodes within the staging of it as an exhibition. Treated equally by the same clear line, character, architecture, structure, soft, solid, vaporous, onomatopoeia, text and movement intersects without context in an apparent amazing neutrality.

Curriculum vitea / Resumé ↓

Né/ Born = Montréal, Québec, Canada = 25 avril 1974.
Vit et travail / Live and work = Paris + Montréal.

Formations académiques / Education

2001-2005
Université du Québec à Montréal. Baccalauréat en arts visuels.
2004
École Supérieur des arts décoratifs de Strasbourg Séjour d'étude.
1993-1995
Collège Lionel-Groulx, Ste-Thérèse. DEC en arts-plastiques. Bourses / Grants 2012
Bourse recherche et création Conseil des arts du Canada.
2011
Bourse de déplacement Conseil des arts et des lettres du Québec.
1999
Bourse «Innovation» Conseil des arts du Canada.

Expositions et événements / Shows and events ↓

Individuelle / Solo

2017
«Fair enough / C'est suffisant» Théâtre de Vanves, Vanves, France.
2015
«Décors d'intérieur» Galerie Vanessa Quang, Paris, France.
2013
«Pero, yo creo que si» Galerie Clark, Montréal Québec, Canada
2011
«Il est évident qu'il est déjà trop tard» Galerie Vanessa Quang, Paris, France.
2011
«trickster» Axenéo7, Gatineau, Québec, Canada
2010
«Me maison» Galerie Verticale, Laval, Québec, Canada.
2009
«On y est presque ...» Château de la Roche-Guyon, Roche-Guyon, France.

Collective / Group

2015
Recto / Verso Fondation Louis Vuitton, Paris, France.
2015
«Ut pictura poesis» Espace Sud-Est, Montréal Québec, Canada.
2014
«La Forme animale» GVCC, Casablanca, Maroc
2013
«Inquiétante étrangeté et autres fantasmagories» Galerie McClure, Montréal Québec, Canada.
2013
«Une grande passion partagée: un flirt avec la jeune peinture» Galerie Liliane Rodriguez, Montréal Québec, Canada
2012
«NOIR CLAIR» Galerie Vanessa Quang, Paris, France.
2011
«Supercalifragilistic» Musée d'art contemporain des Laurentides, St-Jérôme, Québec, Canada
2011
«Pages» La maison des arts Georges Pompidou, Paris, France
2010
«A-venir» Galerie Vanessa Quang, Paris, France
2009
«Green Factory» Galerie Vanessa Quang, Paris, France
2009
«Salon du dessin contemporain» Galerie Quang, Paris, France
2009
«Ventes Flash!» Proposé par Un sourire de toi et je quitte ma mère et les Usines Éphémères, Au Point Éphémère, Paris, France
2008-2009
Livres d'artiste «folk / indé / rock» Commissariat de l'Association CÉFÈT, Point Éphémère, Paris, France
Mains d'&œlig;uvres, St-Ouen, France. Salon du livre, Versaille, France. 2007
«(*)Accès illimité» Proposé par l'Association Rizom, à l'Espace Brochage Express, Paris, France
2007
«Allume la lumière, dit-elle....et la lumière s'alluma» Proposé par le Collectif Vacancy, à La Générale, Paris, France
2007
«Difficile de faire ça» Galerie d'art de Créteil, Créteil, France
2006
«Télescopage» Commissariat de Lena Monnier, à la Galerie Quang, Paris, France
2005
«Expo-Sport» Dare-Dare, Montréal, Québec, Canada
2003
«Nuit blanche» CDex, UQAM, Montréal, Québec, Canada
2002
Galerie Verticale, Laval, Québec, Canada

Résidences / Residencies

2011
Axenéo7, Gatineau, Québec, Canada
2011
Parc Saint-Léger hors-les-murs, Pouygues-les-eaux Lycée profesionel et collége Mont Chatelet de Varzy, France
2010
Les maisons Daura, Saint-Cirq-Lapopie, France.

Ateliers / Workshops

2011
École supérieur d'art de Pau, Pau, France

Collections

2011
Artothèque du Lot, Cahors, France

Texte de Clément Thibault

. le trait . la surface . le poids . #dessin #fairenough @martin.lord.atelier

Ce qui fascine avec le dessin, c'est l'économie de moyen. Pas dénué de technique pour un sou, mais simple. L'acte artistique pur, dans le sens qu'il représente l'une des expressions les plus directes de la créativité: pur et sensuel. Le frottement du papier contre la main, le léger crissement du crayon, la beauté du trait qui se réalise et la pensée qui vagabonde... Que ce soit du bout des doigts, un peu dédaigneux, ou en tenant le crayon au poing, avec une énergie puisée dans quelques sources volontiers mystiques, ou encore appliqué, la langue tirée, le dessin a toujours cette même immédiateté, cette même présence. La trace d'un passage, l'empreinte d'un état d'esprit. Sismographe mental.

Martin dessine tous les jours. Sans projet préétabli, á la va comme je te pousse. Ou ex nihilo, comme on dit plutôt, ça fait meilleur genre. Parfois c'est la colère qui parle, il arrive de croiser un «Fuck that Shit» en parcourant ses feuilles. Martin produit au gré des circonstances, des envies, des états d'âme. Pourquoi suivre des lignes droites quand on peut les faire courbes ? Il dessine donc tous les jours, et suit la voie qu'emprunte le premier trait. Un peu á la manière des surréalistes, il y a certaines correspondances. Le surréalisme, plutôt du côté de l' «automatisme psychique pur», comme disait tonton Breton (dans le premier Manifeste du surréalisme en 1924) que celui de Magritte et Dalí, moins spontané, plus onirique. Il dessine des traits fins, précis, avant de voir les formes surgir, certaines géométriques, anguleuses, d'autres plus douces, parfois organiques. Des super- et juxta-positions de formes diverses.

Entre ces surgissements, le vide. Le vide ou la grille. Un nouveau motif, omniprésent dans le travail de Martin. La grille, c'est une forme structurante: un entrelacs tout rationnel de lignes bien parallèles qui se coupent toujours selon les deux mêmes angles. Un pattern que l'on pourrait dérouler á l'infini, bien au-delá des limites de la feuille si l'on voulait. La grille, c'est une métaphore encore, le jeu et la frontière. Elle emprunte aussi bien aux damiers qu'aux mots croisés, et á la clôture surtout. Comme un mur, mais sans cacher ce qu'il enclot puisque l'on voit á travers. Et lá, ce qui est enclos, c'est le blanc de la feuille, le vide. Comment partitionner le vide ? Amusante question.

Comme ces frontières inopérantes, sans avant ni arrière, les dessins de Martin se déclinent principalement en deux dimensions. Deux dimensions surtout, presque trois. Les deux premières, ce sont celles du dessin traité en plan. Le remplissage des formes confère un aspect volontiers minéral aux dessins de Martin, on en reparlera, mais cette texture caillouteuse, toute en niveaux de gris, c'est la sculpture sans la ronde-bosse, ni même le bas-relief. Ce sont des formes planes, sans profondeur, qui émergent á la surface de la feuille. Seules quelques-unes contredisent cette planéité, ce sont les plus humaines qui s'élèvent ou s'enfoncent dans la page, le plus souvent traitées en raccourci. Quelle délicatesse dans ces mains, ces poignets fragiles, ces chevilles douces et ces pieds légèrement tendus, de femme l'on imagine aisément. Des torsions un peu maniéristes qui se projettent dans l'espace quand le reste du dessin se contente du plan. Les torsions de la danse, qu'elle soit classique ou chamanique, ou encore celles du plaisir, des mouvements incohérents et saccadés. Pure sensualité.

Et puis le remplissage, enfin. On a coutume de dire que le dessin, c'est la science du trait et du poids. Le premier esquisse les contours de la forme dessinée et les innombrables hachures de son remplissage et de ses ombres; parfois imperceptible parce que léger, parfois épais, rageur, lourd tout simplement. En fait, le poids du dessin, c'est la Physique qui nous en donne la meilleure équation : le produit de la masse (du trait) et de la gravité (de l'artiste). Notez que chez l'artiste, la gravité n'est pas une constante. Et si le dessin est bien l'union du trait et de son poids, alors ceux de Martin sont légers. Légers parce que ses traits sont comme suspendus dans l'espace de la feuille. Légers surtout parce que le remplissage parvient la gageure d'évoquer une minéralité sans masse. Comme la surface d'une pierre, mais juste sa surface, défaite de son poids. Cette douceur, elle découle d'une technique singulière. Martin ne remplit pas avec la technique consacrée du croisillon, que l'on retrouve des plus anciennes gravures á Robert Crumb - quand bien même ces hachures reproduisent d'une certaine manière la grille. Ses hachures ne sont pas anguleuses, elles sont rondes.

Voilá. Le trait laissé libre, les formes surgissantes, humaines ou géométriques, anguleuses ou biomorphiques, la grille comme pattern, le jeu entre deux et trois dimensions, et le remplissage minéral. C'est ce que l'on trouve dans les (derniers) dessins de Martin, déclinés en d'innombrables variations. Et finalement, á l'observer, on commence á se dire que tout cela relève d'une grammaire et d'un vocabulaire assez précis. Chaque dessin est la déclinaison du même système. Un système, soit, mais qui n'est pas figé. Cette nouvelle série est loin des dessins antérieurs, ceux que l'on avait pu voir á la galerie Vanessa Quang (Paris) en 2015, plus figuratifs et au crayon de couleur. Une vraie logique linguistique, mais sans symboles, seulement formelle. Un style, au fond, construit par de fréquents jeux d'oppositions, des dualités fortes, comme si une réalité ne pouvait exister qu'en harmonie avec son contraire : le vide / le plein, 2D / 3D, biomorphisme / géométrie, ligne droite / sinueuse, angle / courbe, figuration / abstraction, harmonie / disharmonie, etc.

L'une de ces dualités est encore plus récente, et se joue entre le dessin (=plat) et la sculpture (=relief). Avec son exposition au théâtre de Vanves, Fair Enough, Martin fait exploser littéralement le dessin dans l'espace. Il faut dire qu'il est représentatif du retour au craftmanship qui s'opère dans l'art. Le retour du faire plutôt que du concevoir, de la main plutôt que du cerveau. Sentir la chose, sentir ce que c'est que cet art dont ils parlent tous sans y mettre l'ombre d'un doigt. Martin, il faut le voir, dessine avec ses outils home-made : deux crayons attachés l'un á l'autre, scotchés avec un morceau de bois. La double ligne en un geste, pas tout le temps parallèle, suivant l'axe que l'on donne á l'outil. Il faut le voir expérimenter dans le plâtre parce qu'il veut travailler sur la réalité-dessin, ou plutôt l'objet-dessin, dans un acte qui approfondit le jeu entre la seconde et la troisième dimension.

Bref, á Vanves, la grille est devenue filet, la surface est devenue épaisseur. Le dessin est bien devenu objet. Et face á ces réflexions sur l'espace, en s'étendant sur une immense toile dans l'espace concave du théâtre, il est même (re)devenu fresque. Une fresque aux accents pariétaux où les formes de Martin, plus grandes que jamais, semblent se muer en hydres, en serpents et autres animaux tirés d'un bestiaire fantastique. Peuplée d'homophonies formelles, Vanves est une exposition qui sonne comme un nouveau point de départ. Le système gagne l'espace.

(En anglais seulement)
Liens / Links artsy.net

Martin Lord's Intricate Drawings Picture Inner Demons and Introspective Thoughts.

For the France-based Québécois artist Martin Lord, a great deal of reflection and introspection is essential to the artmaking process. In a vast, ongoing series of works on paper currently on view at Vanessa Quang Gallery in Paris, he brings his inner demons out of the box, as it were, and into the world through graphite drawings, collages and pen-and-ink works on paper.

The exhibition, titled Décor d'Intérieur features more than 50 works, the majority of which Lord made using graphite, an ideal medium for his delicate, freehand lines, and his energetic, fluid gestures. Faceless biomorphic forms based on body parts arms, hands, eyes, feet, and tongues are the most recurring of characters, ghostlike in their ability to appear present and absent at the same time, especially when surrounded by soft waves of graphite crosshatching. In one such drawing, Main-langue (2015), an otherworldly hand with too many fingers emerges out of the gray background, its thumb resembling a tongue hanging eerily to the side. In another series, titled Créature (2015), Lord places eyes on block-like faces with abstract, anthropomorphic bodies, suggestive of pre-Columbian transformational figures seen on ceramics and textiles.

The most figurative works in the show might be Lords ongoing series, Monstre (2015), in which a white figure set against a dark, graphite background, moves, morphs, dances, and swirls, as if set free for a moment until the sun comes up again. References to automatism are felt in the Collection series, in which quick drawings on yellow paper are pinned onto blue boards. They are like insights into a visual language created by Lord.

Throughout much of his work, Lord employs architectural forms, exploring geometry, perspective, color, and shading. In a small group of collage-and-graphite works on paper, large round eyes peek out of fragments of buildings. They are very subtle and mysterious. Are the buildings watching us or is there someone inside? In the present, one cannot help but relate to the idea of being watched wherever we go, making these works perhaps the most salient.

Blaire Dessent

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